Architecture

L'implantation du village répond à trois critères de base :

  • Il faut s'établir près d'un point d'eau. La présence de la source de la Foux et des deux rivières répond à cet impératif. Il en va de même pour les différents hameaux situés à proximité de sources nombreuses.
  • Il faut choisir un site bien exposé. Le village est bâti à mi-pente de coteaux orientés à l'ouest et au sud, bien abrités des vents du nord.
  • Il faut préserver les terres cultivables. Les différents quartiers qui forment le village sont bâtis à même le roc. On peut en voir la trace dans certaines rues, au Cornier, à la Viale et à Campestret. D'énormes rochers servent d'assise à certaines habitations.

           

Comme dans toute la région des Cévennes, l'habitat est intimement lié au territoire :

  • Par le choix des matériaux de construction. Les pierres sont prélevées sur place. Notre village étant situé sur une zone de contact entre les schistes et le granit, nous trouvons ces matériaux dans les différentes constructions. Parfois, s'y ajoute des blocs de calcaire ou de grès. Ces pierres sont maçonnées à la chaux ou à chaux et à sable. Pour les charpentes, l'essence privilégiée est le châtaignier : ce bois est réputé pour être imputrescible et les zones de coupe sont situées à proximité des habitations.
  • Par la disposition des constructions et leur intégration au paysage. Les maisons sont serrées les unes contre les autres. Ruelles et venelles qui permettent la circulation sont très étroites et généralement en pente. Autrefois, elles étaient caladées c'est-à-dire revêtues d'un dallage en galets de rivière. De nombreux passages voûtés ou porches sont visibles dans chaque quartier.

Ruelle caladée

 

          

Passages voûtés.

Les maisons de notre village sont caractérisées par une construction toute en hauteur. Il y a peu de possibilité d'extension au sol. Pour implanter une magnanerie, on a surélevé l'habitation d'un étage.

Les charpentes sont en bois de châtaignier, grossièrement équarri.

 

La couverture, aujourd'hui en tuiles rondes ou tuiles canal, était, autrefois, en lauzes.

Les ouvertures, plus hautes que larges, sont surtout dans les murs exposés au sud. Les encadrements sont en pierres de taille (granit ou grès), les linteaux en granit ou en châtaignier. Parfois les fenêtres sont surmontées d'un arc de décharge.

          

          

Les rez-de-chaussée sont généralement voûtés. Ils abritaient, autrefois, les échoppes des artisans, des commerces ou servaient simplement de caves.

L'accès au premier étage s'effectue souvent par un escalier extérieur empiétant sur la rue.

         

 

Géologie

La commune d'Aumessas est située dans une zone ayant subi plusieurs mouvements tectoniques à des époques différentes.

La morphologie y est donc très variée. On peut constater, par endroits, des points de contact entre les schistes et les granits. L'éruption du granit a métamorphisé les schistes dont les couches sont plissées dans tous les sens.
Ces terrains primaires et triasiques ont formé le rocher pyramidal du Poumel et les magnifiques amas rocheux de Roquelongue que la rivière, l'Albagne, franchit par de remarquables cascades.
Au nord-est, se trouve le piton rocheux du Caladon près duquel coule le torrent le Bavezon.
Un peu au nord de la commune, commence un îlot de calcaire qui se prolonge jusqu'à la limite du granit en passant par les hameaux de la Foux, puis de Vernes et Blanquefort sur la commune d'Arrigas.

Au point de vue minéral, un filon de 7 m de large riche en zinc et en cuivre traversait les communes d'Aumessas, Arrigas et Alzon. Son exploitation est très ancienne
(vestiges gallo-romains et médiévaux) se poursuivait sur le site
d'Arrigas au XIXème siècle. Elle fut stoppée en 1907.
Sous le contrôle de Jacques Cœur, une mine d'argent a été exploitée à Aumessas.
L'argent extrait était transporté à la fabrique de monnaie la plus proche.

Rochers de Roquelongue.

Elevage des vers à soie
Filature

L'élevage du ver à soie

Cette activité dure, en Cévennes, du XIIIème au XXème siècle.
Pendant cette période, elle constitue une des ressources principales des Cévenols.
L'âge d'or de la sériciculture se situe dans la première moitié du XIXème siècle.
Elle connaît, ensuite, une très grave crise, avec l'apparition de maladies qui frappent les élevages. Les travaux du savant Louis PASTEUR permettront de donner à l'éducation du ver à soie un nouvel élan.
La concurrence de pays étrangers (Italie, Chine, Japon…) puis l'apparition de soies artificielles porteront un coup fatal à cette activité.

Les œufs ou "graines" pondus par le papillon sont conservés tout l'hiver. Ils sont mis en incubation dès l'apparition des premières feuilles de mûrier ("l'arbre d'or"). Dès leur éclosion, les larves, dotées d'un énorme appétit, se nourrissent exclusivement de ces feuilles, dans les magnaneries. Environ un mois plus tard, après avoir effectué quatre mues, le "magnan" ou ver à soie est prêt à tisser son cocon. Il monte sur les rameaux de bruyère et, en peu de temps s'enroule dans son fil de soie. Vient l'opération du décoconnage puis l'acheminement des cocons vers la filature où les chrysalides sont étouffées afin de ne pas rompre le fil du cocon.. Plongés dans des bassines d'eau bouillante, les cocons se ramollissent. La fileuse saisit alors plusieurs fils, les tords et les enroule sur une bobine.
Cette activité très lucrative a été pratiquée par de nombreuses familles du village.

On peut voir des habitations rehaussées d'un étage pour créer une magnanerie.

La magnanerie

Cocons et ver à soie

 

La filature est créée sur le site d'un ancien moulin bladier en 1790.
Elle alors est propriété de la famille FLORY. Elle produit de la soie grège. 1850 marque l'âge d'or de la sériciculture en Cévennes.
La filature d'Aumessas appartient alors à la famille CHABAL. Elle traite les cocons de plusieurs communes et emploie une cinquantaine d'ouvrières, recrutées essentiellement dans le village et les bourgades voisines.
La famille CHABAL a homologué une graine d'excellente qualité et vendue dans tout le midi sous l'appellation "graine Veuve CHABAL".
Au début du XXème siècle une main d'œuvre d'origine italienne est employée.
Au recensement de 1901, l'effectif est de 47 fileuses dont 26 italiennes.
Le travail est rendu pénible par l'atmosphère saturé en humidité.

La filature ferme ses portes en 1914.

La filature CHABAL

Ligne de chemin de fer

La ligne LE VIGAN-TOURNEMIRE

  • Classement dans le réseau d'intérêt général : loi du 31 décembre 1875.
  • Déclaration d'utilité publique : loi du 8 août 1879
  • Concession à la Compagnie du Midi : 20 novembre 1883.
  • Début des travaux : 1885.
  • Réception des travaux : 1896.
  • Voyage inaugural : 18 août 1896. (Banquet de 60 couverts au VIGAN).
  • Livraison à l'exploitation : Lundi 24 août 1896.
  • Fermeture du trafic voyageurs : 15 mai 1939.
  • Fermeture de la section L'Hospitalet - Avéze : 18 mai 1952.
  • Fermeture de la section Tournemire – L'Hospitalet :22 mai 1955.
  • Fermeture du tronçon Avéze – Le Vigan : 1er Février 1971.

 

  • Dépense totale : 31 164 000 francs.
  • Dépense au km : 504 200 francs.
  • Ouvrages d'art : 32 tunnels 14 viaducs.
  • Longueur totale de la ligne : 62 KM.

A cette période, le village enregistre une population record : 1440 habitants en 1891.
Origine des ouvriers : Aveyron, Corrèze, Indre et Loire, Haute-Vienne, Lot, Ardèche, Lozère…
plus la main d'œuvre locale.


Nombreux corps de métiers employés sur le chantier : tailleurs de pierres, maçons, bûcherons, bouviers, forgerons, mineurs, charrons, bourreliers, charpentiers, rouliers et charretiers…
Pierres extraites de la carrière ouverte au bas de la cascade de l'Albagne et acheminées par wagonnets sur le plan de la gare.


Trafic : bois de châtaignier, fruits (prunes reines-claudes, olives, châtaignes…), fourrage, peaux pour les gantiers, caisses de bobines de coton, minerais, bestiaux…

Train en gare d'Aumessas

La gare d'Aumessas autrefois
La gare d'Aumessas aujourd'hui

Viaduc d'Aumessas